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La Lorraine
et la
Franc-Maçonnerie
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La Lorraine est une terre de vieille implantation maçonnique. Les Loges militaires sont à l'origine de cet établissement au 18è siècle. La première Loge dont nous avons connaissance dans la Meurthe est implantée à Lunéville... L'initiation de François III de Lorraine, futur Grand Duc de Toscane puis empereur d'Autriche ne semble cependant pas avoir constitué un point d'appui sérieux pour la Maçonnerie dans notre région.
Elle va alors essaimer à Nancy avec la création des Loges La Vraie Lumière, Saint-Louis Saint-Philippe de la Gloire, Saint-Michel des Cœurs Unis, l'Auguste Fidélité, Saint-Jean de Jérusalem.
En Moselle, on compte pas moins de dix-neuf Loges à la veille de la Révolution parmi lesquelles Saint-Jean de l'Amitié de Saint-Etienne, Saint-Jean des Parfaits Amis,... Saint-Louis du Triple Accord, l'Ecole de la Sagesse,... des Loges bénédictines dont Les Frères Amis à Bouzonville et la Concorde à Saint-Avold.
Dans la Meuse, on compte une Loge itinérante La Parfaite Egalité, mais aussi Les Frères Zélés à Ligny-en-Barrois, Les Frères Amis à Verdun, La Bienfaisance ainsi que l'Amitié à Bar-le-Duc.
Dans les Vosges à Epinal, travaille la Loge La Parfaite Union.

La Franc-Maçonnerie est particulièrement bien implantée dans l'Est de la France au milieu du 19è siècle. Elle va cependant enregistrer un repli bien singulier sous la Seconde République et sous le Second Empire. C'est ainsi qu'en 1870 on ne comptera plus en Moselle que deux Ateliers en activité : Les Amis de la Vérité à Metz, Loge de vieille souche et Les Vrais Amis à Sarreguemines. Dans le département de la Meurthe, l'Art royal est pratiqué de longue date par la Loge Saint-Jean de Jérusalem, "plus vieille que le Grand Orient lui-même" et par un Atelier récemment constitué sous le titre distinctif Travail et Liberté. La Maçonnerie a mieux résisté dans les Vosges où l'on ne compte alors pas moins de cinq Loges : la Fraternité Vosgienne à Epinal, Le Travail à Remiremont, l'Egalité Vosgienne à Saint-Dié, Saint-Jean de la Paix à Neufchâteau et L'Harmonie à Mirecourt.

En 1870, avec la défaite, les Loges d'Alsace et de la Lorraine annexée se mettent en sommeil. L'implantation à Metz d'une Loge allemande, Zum Tempel des Friedens est alors vécue comme une trahison de l'universalisme maçonnique. C'est pourtant de cette même Lorraine que devait s'opérer le rapprochement des Maçonneries française et allemande notamment sous l'impulsion de Charles Bernardin, alors Vénérable de la Loge Saint-Jean de Jérusalem à Nancy et futur Vénérable de la Loge Les Amis de la Vérité à Metz. La vie maçonnique sera marquée en Meuse par une Loge telle La Régénération et dans les Vosges par L'Harmonie à Mirecourt, La Fraternité Vosgienne, Le Travail. A la fin du 19è siècle, la Maçonnerie lorraine tiendra une place éminente dans le combat républicain avec Charles Bernardin à Nancy et Vacca à Metz.

Elle est aujourd'hui plus vivante que jamais en notre région.

 

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